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Actualité générale : Présentation de l'équipe 4
le 14-06-2007

" Productions d'urbanités : espaces publics,  cultures, patrimoines "

Le programme de recherche de l'équipe4 prolonge des travaux antérieurs portant sur l'action publique, l'engagement public, la patrimonialisation et ses enjeux, la muséologie, l'exposition de soi dans l'espace public, la construction située des identités individuelles et collectives, l'affirmation urbaine de singularités, les rapports entre les migrations et les villes à différentes échelles territoriales, les dimensions culturelles des pratiques urbaines, etc.


Penser la complexité de la ville, des manières de la vivre, de la penser et la fabriquer, c'est cette intention qui est inscrite au front de notre programme qui vise à l'analyse des différentes manières d'habiter le monde, de vivre l'urbanité contemporaine, et de produire des urbanités contextualisées.

Nous nous proposons en effet d'interroger la manière dont se projettent et se fabriquent très précisément des « visions de ville », à travers des opérations concrètes d'aménagement urbain qui ne font pas que recomposer la ville en tant qu'espace aménagé, planifié et ordonné mais qui dessinent aussi les formes d'urbanité qui s'y trouvent autorisées ou contrariées, voire interdites. Nous nous situons ainsi une perspective permettant de s'éloigner des pensées fonctionnalistes et de nous attacher d'abord aux intervalles, à ce qui se trame entre les îlots et les habitats, les lieux et leurs usages. Ces formes d'urbanité ne sont pas déliées des mondes sociaux dans lesquels elles se déploient et se propagent : elles articulent « matérialité urbaine » et « visions de ville », et se présentent à la fois comme formes objectivées et comme processus. Les objets privilégiés que sont les pratiques culturelles multiples, les formes de l'habiter, les mémoires en travail, les espaces publics et leurs usages ou les objets patrimoniaux nécessitent en effet d'être saisis dans leur dimension processuelle ou dynamique par lesquelles les opérations d'accomplissement ou les actions de performation se livrent, dans le cours même de l'enquête, grâce aux jeux des acteurs.

Ce programme s'appuie sur un ensemble de démarches qui font de l'observation in situ et de l'enquête de terrain le moyen privilégié d'approches sociologiques et d'anthropologie sociale et culturelle. Leur croisement avec d'autres disciplines (philosophie, architecture, histoire), leur participation à des courants transdisciplinaires (pragmatisme, herméneutique, interactionnisme), leur dialogue avec les métiers de l'urbain établis ou en émergence s'effectuent notamment autour de la notion d'espace public.

Nous souhaitons en effet, dans le cadre de ce programme, poursuivre la réflexion théorique à propos de la notion d'espace public, sans la réduire à ce qui relève de l'aménagement ou de l'architecture. La notion d'espace public ne délimite pas seulement les espaces de la ville stricto sensu mais ouvre à une nouvelle interprétation des espaces urbains contemporains ouverts et sans cesse élargis (mobilités, réseaux, échanges...). Elle permet d'appréhender des espaces et des pratiques dans leurs formalités (territoires, lieux, places, positions) comme dans leurs informalités (interstices, friches, terrains vagues, déplacements), et suppose avant tout des actions (circuler, occuper, s'approprier, quitter, se détacher, discuter, se confronter, s'exposer etc.) conduites et mises en mots par des acteurs et ouvrant à la constitution de publics. Elle fait sens par rapport aux multiples centralités et « co-présence » de la ville et de l'agglomération urbaine, et concerne aussi des espaces qui ne sont pas répertoriés comme urbains selon la distinction classique « ville-campagne ». Toute vision de ville est une manière de re-penser l'espace public et la citoyenneté dans les espaces différenciés où se façonnent et s'instituent des « biens communs », quoique parfois de façon fragile. C'est pourquoi, la question des « biens communs » durables est aussi présente dans toute vision de ville, notion qui réinterroge les nouvelles « gouvernances urbaines » de la même manière que la perspective du développement durable réinterroge la patrimonialisation des biens naturels.

Ce programme enfin accorde une attention particulière au travail comparatif , en tentant d'en faire une méthode d'intelligibilité du local, une méthode d'analyse des différentes manières d'habiter le monde, de vivre l'urbanité contemporaine, de défendre des identités entre ici et ailleurs, attachement et détachement. Les diverses expériences de recherche à l'échelle internationale que nous avons conduites ces dernières années nous ont montré tout l'intérêt de ce type de confrontations : des conceptions, des regards, des traditions scientifiques différents permettent aux uns et autres de sortir des routines méthodologiques et théoriques. Au-delà des différences relevées, le travail comparatif nous paraît en effet requis pour montrer (et étayer par l'enquête) comment des sources localement situées deviennent des ressources pour l'action individuelle et collective.

Orientation problématique

L'orientation de ce programme tente plus précisément d'articuler la matérialité urbaine prise en compte par la perspective de la ville durable, avec les visions de ville qui se manifestent dans des usages ordinaires configurant et actualisant des dimensions éthique et politique des urbanités contemporaines.

Matérialité urbaine

L'émergence de la thématique de la ville durable, appelée sans conteste à prendre de plus en plus d'importance, n'est pas sans induire une nouvelle approche qui, pour technique qu'elle puisse apparaître au premier abord, rejaillit déjà sur les autres dimensions sociales et culturelles de la ville. De la même façon que l'hygiénisme au XIXème siècle a fortement contribué à modifier les trames urbaines et du coup a produit une urbanité spécifique qui, initiée dans les pays en voie d'industrialisation est vite devenu un modèle mondial, de même les préceptes liés à la ville durable (réduction des déplacements, rationalisation des flux de matière et d'énergie, revégétalisation des espaces...) entraînent eux aussi à une nouvelle vision urbaine. Travaillée d'une part par l'écologie urbaine, au sens d'une caractérisation des établissements humains urbanisés comme milieux artificiels contrôlés et d'autre part par le design (entendu ici dans sa finalité éthique de science de l'habiter humain), la ville durable est appelée à devenir un modèle comme le prescrivent les premières expérimentations de l'Agenda 21 issues du Sommet de Rio. A côté donc des nouveaux métiers de la ville dédiés à sa promotion culturalo-commerciale dans le champ concurrentiel des métropoles (marketing urbain, scénographies, productions d'événements internationaux artistiques ou sportifs...), d'autres compétences se constituent qui, à partir de référentiels eco-techniques, bouleversent les manières habituelles de gérer les différentes fonctionnalités urbaines. Or, si l'inscription des villes dans un champ concurrentiel culturel a fait déjà l'objet de travaux socio-politiques, l'analyse des référentiels eco-techniques reste encore largement en friche. Alors que, pourrait-on dire, elle ne fait qu'inviter à prendre à la lettre ce que signifient les revendications qui s'expriment en terme de « cadre de vie » et qui, la plupart du temps, manifestent la prégnance de fortes inégalités sociales en matière d'accès à la centralité et aux réseaux, d'exposition aux risques et à l'insécurité, de prise en compte de la santé... Dans le même sens, l'attrait croissant des citadins les plus aisés pour les campagnes péri-urbaines - qui les transforme en « villes à la campagne » - ne serait-il pas à comprendre comme une montée en puissance du même référentiel ?

Visions de ville

Toute vision de ville, au double sens de « polis » et de « civitas », se déploie dans une dimension éthique et politique. Au cœur du programme ce sont les questions centrales du « vivre ensemble » et de ce qui forme « biens communs » qui se posent aujourd'hui face aux constats réitérés de la pluralité des normes et qui s'énoncent dans les termes des politiques publiques comme : mixité sociale, cohésion sociale, développement urbain durable.
Les visions de ville se doivent d'être documentées précisément à partir des pratiques et des usages : comment font-elles tenir ensemble des lieux et des liens sociaux ? Comment se manifestent les différentes manières de vivre l'urbanité : dans la proximité et en même temps à distance, dans le familier et l'étrange-té ? Le citadin n'est pas un mais divers, habitant résident, permanent ou occasionnel, passant, étranger, sans-abri, et c'est bien avec cette diversité qu'il nous faut composer et penser l'urbanité. Habiter une ville, se sentir d'une ville, y être attaché, comment cela se diffracte entre l'intérieur, l'extérieur et la co-présence dans des lieux publics ? Quel seuil franchit-on quand on sort de sa maison ? Autre interrogation politique où la ville apparaît comme le lieu d'une prise de risque tant dans les apparences que dans les comportements, entre des moments de paix et des moments d'alerte, de veille, de vigilance. A la surface des échanges sociaux, la vision de ville se trouve saisie dans un ordre, une esthétique, au sens étymologique du mot. Comment la ville se constitue, à travers ces débordements de la fabrication/appropriation, identification/identité, moins comme une chose commune que comme une chose partagée, divisée ? A ce titre, la ville est une entité sensible. Avoir une vision de la ville, c'est aussi interroger cette dimension sensible de l'urbanité.

Axes de recherche

  • Axe 1- Patrimoines et mémoires en tension
  • Axe 2- Recompositions urbaines

 

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Liste des membres :

Membres titulaires  en rattachement principalMembres titulaires  en rattachement secondaire
  • PICHON Pascale (Maître de conférences, responsable de l'équipe)
  • BELKIS Dominique (Maître de conférences)
  • CLAVANDIER Gaëlle (Maître de conférences)
  • CHENE Aurélie (Maître de conférences)
  • COLSON Daniel (Professeur)
  • DUJARDIN Philippe (Chargé de recherche)
  • MICOUD André (Directeur de recherche)
  • RAUTENBERG Michel (Professeur)
  • VALLET Pascal (Maître de conférences)
  • AUTANT-DORIER Claire (Maître de conférences)
  • BELBAHRI Abdelkader (Maître de conférences)
  • CHARVOLIN Florian (Chargé de recherche)
  • ETIEMBRE Loïc (Maître de conférences)
  • PERONI Michel (Maître de conférences)
  • ROUX Jacques (Ingénieur de recherche)

 Membres associés en rattachement principal
Membres associés en rattachement secondaire
  • BENCHARIFF Lela
  • BULLE Sylvaine (Maître de conférences)
  • GAUTHIER Catherine (Chargée de recherche)
  • BATTEGAY Alain (Ingénieur de recherche)

 

 Doctorants
  •  HOCQUET Marie (Dir. RAUTENBERG M.)
 

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