Le boom de la voiture autonome se poursuit

Tout va très vite en cette année 2019 sur le marché de l’automobile. Il y a quelques semaines, nous vous parlions des nouveaux modèles qui avaient été présentés pendant le salon de l’auto de Québec. Entre l’Alfa Romeo Giulia, l’Audi R8 Spyder ou encore les berlines 530 xDrive et 540i xDrive, les visiteurs du salon avaient de quoi en prendre plein les yeux. Et pourtant, deux mois plus tard, c’est une toute autre actualité qui anime le marché de l’automobile : la révolution de la voiture autonome est en marche, avec de nombreux acteurs différents qui investissent sur ce marché en plein essor. Le futur, c’est maintenant !

Une voiture autonome qui fait beaucoup parler

Ces derniers mois, la voiture autonome a fait l’objet de nombreux articles dans les médias en tout genre pour une raison bien précise : les accidents dans lesquels elle était impliquée. En quatre ans, on comptabilise pas moins de 88 accidents impliquant des voitures autonomes. Même si une grande majorité d’entre eux ont en fait été provoqués par des humains, ce constat a tout de même de quoi susciter quelques inquiétudes.  Pour autant, jour après jour, on découvre que de nouveaux grands groupes décident d’investir dans ce domaine. Pour preuve, il y a quelques heures à peine, Uber et Volvo ont dévoilé une nouvelle version du XC90, conçu pour une conduite 100% autonome. Et cette présentation arrive justement quelques mois après le décès d’une piétonne, tuée en mars 2018 par une voiture en test.

Des nouveautés sur tous les fronts

Au-delà d’Uber et de Volvo qui avancent main dans la main pour transformer le rêve d’une voiture 100% autonome en réalité, on découvre que bien d’autres duos nourrissent aujourd’hui les mêmes ambitions. Ainsi, en ce mois de juin 2019, Hyundai Motor et Kia ont annoncé un partenariat pour investir dans Aurora, une société spécialisée dans les véhicules autonomes. Sa valeur ? 3 milliards de dollars. Plutôt impressionnant, non ? Concrètement, les deux constructeurs automobiles veulent à la fois étendre la recherche à une large gamme de modèles de voitures et construire une plate-forme optimale pour les véhicules autonomes de Hyundai et de Kia.

Pour sa part, c’est avec Volkswagen que Ford a récemment décidé de s’associer pour créer des voitures électriques. Enfin, presque, puisque l’on a appris cette semaine que les négociations entre les deux géants du secteur automobile « sont proches de la conclusion ».

Enfin, on a appris il y a quelques jours que, de son côté, Apple est plutôt décidé à faire cavalier seul. La firme de Cupertino chercherait actuellement à faire l’acquisition de la société de voitures autonomes Drive.ai, qui cherche effectivement un acheteur depuis le mois de mars dernier. Dans un premier temps, les navettes autonomes Drive.ai pourraient servir à transporter les employés d’Apple d’un point A à un point B, en attendant de potentiellement déployer une voiture autonome pour le grand public.

Un grand public qui ne se sent pas encore très concerné

Mais que pense le grand public de tout cela ? Et bien, pour l’instant, pas grand-chose en réalité. Les Français, très engagés pour le climat comme le montre l’engouement autour du Jour de la Terre chaque année, sont pour le moment plus intéressés par le développement des voitures électriques, qui contribuent davantage à la protection de l’environnement, que par l’essor des voitures autonomes, qui ont quoi qu’il en soit quelque chose de fascinant pour eux.

Ainsi, une récente enquête menée par l’entreprise de conseil Capgemini révèle que 56% des sondés se déclarent prêts à payer jusqu’à 20% plus cher pour pouvoir disposer d’une voiture autonome, essentiellement pour pouvoir discuter davantage avec les autres passagers du véhicule (63%) ou pour pouvoir se reposer (45%). En cela, on voit bien que le grand public a conscience du fait que la voiture autonome pourrait améliorer son quotidien, même si elle ne la voit pas réellement comme une priorité à l’heure actuelle. D’ailleurs, 70% des sondés s’interrogent sur la sécurité de ces voitures innovantes. Ce sont surtout les jeunes qui se montrent tentés par les voitures autonomes, avec une grande partie d’entre eux qui se disent prêts à les utiliser dès maintenant.

Une voiture autonome qui va peu à peu s’imposer ?

Pourtant, Jean Todt, président de la Fédération internationale de l’Automobile (FIA), le dit lui-même, on est encore « loin de la voiture autonome ». C’est ce qu’il a confié à l’AFP en marge du GP de Monaco. Pour lui, le problème réside dans le fait que c’est dans les pays en voie de développement qu’il y a aujourd’hui le plus d’accidents de la route. Or, si la voiture autonome entend mettre fin à ces accidents divers, le fait est qu’elle mettra certainement beaucoup de temps à trouver sa place dans ces pays. Quoi qu’il en soit, doucement mais sûrement, la voiture autonome s’invite dans nos vies… Et sur nos routes.